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jeudi 15 janvier 2009

Michel Onfray ? Fallait pas l'inviter !


Michel Onfray ? Fallait pas l'inviter (ou la mort de l'occident)

Vidéo envoyée par noop

Lors de l’émission « Ce soir ou jamais » du 14 janvier dernier, le philosophe Michel Onfray a été remarqué à défaut d’être remarquable. Il avait un message à faire passer…

La mise bout à bout de ses prises de parole forme un petit discours choc, sur la fin de l’occident chrétien, fin entamée selon lui à la révolution de 1789. La (fin de) domination de cet occident pouvant (maintenant ?) laisser la place à une « civilisation planétaire » où un « Constantin » musulman pourrait rassembler l’Oumma. L’islam venant compléter ce qu’il serait facile, mais abusif, de considérer comme une sorte de « sainte-trinité » planétaire. Le libéralisme financier (pour l’aspect matériel), l’alter mondialisme gauchiste (pour le côté politique), et donc l’islam conquérant (pour la dimension spirituelle).

Michel Onfray parle « cash » et sans langue de bois. Il y a des soirées comme ça. On aime, on n’aime pas, mais on a l’impression d’avoir ouï un propos incisif, sans ambiguïté, presque sans ironie, sans second degrés, sans « entre soi », mais évidemment pas sans contradiction et sans arrière pensée. Il est aux antipodes du discours « bisounoursique » des politiques sidérés par leur créature, notre société multi-tout.
Car sinon, outre que l’on peut légitimement se poser la question de savoir si une civilisation planétaire est encore une civilisation, la tirade de Michel Onfray peut laisser perplexe. Réalisme ? Cynisme ? Pessimisme ? Malgré le ton volontairement distant et un brin désabusé, il est difficile (sur cet extrait) de dire comment Onfray se situe, quel est son point de vue sur le déclin, plus radical même sur la mort, de l’occident, puisque pour l’expliquer il fait appel à un très nietzschéen « par delà le bien et le mal » (donc hors morale).

D’abord sur les Lumières. Onfray semble s’en faire le défenseur, et les admirer. Pourtant ils sont au cœur des idées révolutionnaires qui l’emportent après 1789, qui toujours d’après le philosophe marque le début du long processus de déclin de la civilisation occidentale aboutissant sous nos yeux à sa mort… Doit on se réjouir, ou même simplement rester à observer froidement la fin de l’occident, si il est porteur de valeurs universalistes (faute d’être universelles), des droits de l’homme, de la tolérance, de l’espoir dans le progrès ? On croit comprendre que, pour le côté « positif » (selon la pensée dominante), la disparition de l’occident signera celle du christianisme et du matérialisme « trivial et vulgaire ». Deux « ismes » honnis, mais qui nous ont fait ce que nous sommes. Sommes nous tellement laids qu’il ne faille tenter de trouver de quoi prolonger l’aventure ?

Et puis surtout dans les déclarations du philosophe au ton désabusé, une phrase ne peut passer inaperçue à la 19e seconde de la 5e minute de la vidéo. Celle-ci :
« Les vraies civilisations se constituent avec les gens qui peuvent, qui veulent mourir, qui font la défense de la guerre, qui font l’éloge de la force et de la brutalité, qui s’installent… ».
Cette phrase est inquiétante. Non ? Heureusement que c’est Michel Onfray, un philosophe, qui la prononce et non un homme politique.

Michel Onfray semble voir dans la tolérance de l’occident son renoncement à la violence, celle qui fait les « vraies » civilisations… L’occident serait donc « faux » ? Pas un tigre, mais une civilisation en trompe l’œil, une civilisation de papier. Le propos mériterait d’être développé. J’avoue que sur le moment il m’a dérangé. Et que je continuerai à y réfléchir.
C’est vrai, une société civile et civilisée nécessite une force pouvant aller jusqu’à la violence dissuasive pour que la tranquillité l’emporte sur la discorde et le désordre. Ce n’est pas contestable. Dans le « concert » des nations, là encore, celle qui renonce à la violence, ou s’en montre incapable court le risque d’être absorbée ou asservie. Pour Onfray il semble en aller de même pour une civilisation. Celle qui renonce à la guerre, celle qui veut plus convaincre que dominer et imposer, renonce à se maintenir…

Les Droits de l’Homme issus des Lumières seraient donc le cheval de Troie dans la civilisation occidentale. Le relativisme est le fruit empoisonné. Voilà une affirmation bien difficile à faire passer auprès du grand public formé par l’école et les médias « républicains » à d’autres points de vue sur le sujet des Droits de l’Homme. En fait on s’aperçoit après la colonisation et avec la mondialisation que les « Droits de l’Homme » ne sont pas une loi « naturelle », mais l’occident a encore bien du mal à l’admettre. Les « Droits de l’Homme » ne sont pas « naturels » et ont besoin de la force pour s’imposer. En mythifiant la Révolution, en embellissant le tableau de la Terreur, en ne retenant que Valmy, en minimisant la Vendée, on l’a presque oublié. Pratiquement Onfray nous rappelle sans doute que renoncer à la conquête, c’est aller vers la défaite, c’est se soumettre, en y renonçant, à la raison du plus fort, à la brutalité. Celle-là même à laquelle Klaus Barbie s’accrochait encore au fond de sa prison lyonnaise en disant en gros « si Hitler avait gagné la guerre il aurait eu raison ».

Aujourd’hui en occident la seule violence acceptée, tolérée par la bonne pensée, et encore, est celle de la résistance forcément légitime. Je dis « et encore », car faut-il qu’il s’agisse d’une résistance à une action elle-même violente. Ainsi la mort de l’occident constatée par Michel Onfray ne légitimerait aucune résistance, ni violence, puisque cela se fait en douceur… Donc en plus de ne plus espérer, ou au moins de douter dans le progrès qui est à la base de notre élan optimiste au XIXe et XXe siècle, ce progrès qui venait remplacer la foi, nous nous interdirions de réagir à la disparition de notre « fausse » civilisation, Droits de l’Homme faussement « universel » obligent.

Qui en France est prêt à la guerre ? Qui la défend ? Même « propre » ? Nous n’en sommes effectivement plus là et je dirais heureusement. Nous en sommes à la désobéissance, je dirais hélas. Des élus, des enseignants, de la justice même, de la société civile. Les lois contraignantes sont refusées, parfois inappliquées.

Le contrat démocratique ouvertement défié. Nos jeunes générations ont été à juste titre mises en garde contre la nature de l’extrême-droite, leurs yeux sont toujours braqués de ce coté. Ils ne voient pas que derrière eux, sur les bases que je viens de décrire, un droit de l’hommisme relatif, une alliance islamo-gaucho-financière (mis comme ça bout à bout c’est du délire) pointe le bout de son nez. Son intolérance serait au moins aussi grande et totale que son « opposé ».

Ben dites donc, va falloir que je révise mes « fondamentaux ». Après le post-nationalisme, le post-industriel, le post-théologique, le post-communisme, le post-racialisme, voici venir peut-être le post-civilisationnel et le post-communautarisme orwellien où les mots risquent bien d’être maltraités…

Tribune libre publiée par Agoravox le 23/01/2009.
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=50522

Tribune (ou extrait vidéo) reprise par le(s) site(s)

Wikio.fr
http://www.wikio.fr/video/769634
Blog catalog.com
http://www.blogcatalog.com/search.frame.php?term=fallait%20pas%20l\
Vendredi.info
http://www.vendredi.info/Onfray-Fallait-pas-l-inviter.html
Veille-éducation.org
http://veille-education.org/post/2009/01/16/Michel-Onfray-:-LOccident-est-mort
Fdsouche.fr
http://www.fdesouche.com/articles/16615
Doctissimo.fr (le forum)
http://forum.doctissimo.fr/psychologie/droite-gauche/appartient-mort-sujet_219_1.htm
Fatahelbab.over-blog
http://fatahelbab.over-blog.com/article-26844581.html
Cozop.fr
http://cozop.com/noop_agoravox/la_discrimination_positive_pour_mes_petits_enfants_je_avais_pas_pense Newstin.fr
http://www.newstin.fr/tag/fr/94424164


A la recherche « Onfray (fallait pas l’inviter)» titre de l’extrait vidéo Google renvoie environ 413 résultats.

mercredi 10 décembre 2008

Métissage : buzz et bug

Le métissage – Buzz et Bug ?

En 2007 sur un plateau télé de la campagne présidentielle, Julien Dray du PS déclarait avec vigueur et autorité : « il faut faire cette éducation du pays pour qu’il apprenne que désormais son avenir c’est le métissage… »

Le monde politico-intellectualo-médiatique français n’a donc pas attendu la victoire de Barack Obama pour faire la promotion du métissage. « La promotion » le terme est même parfois faible.
Quelle activité autour de ce mot. Il devient pratiquement un slogan, un label. En une élection les USA, en passant du débilissime ringardissime Bush au magnifissime métissime Obama, en une élection les USA retrouvaient la lumière et nous ringardisaient. Nous les Français avec notre petit Nicolas au « sang mêlé ».
Qui est in ? Le métisse (et la couleur aussi un peu quand même).
Qui est out ? Le blanc qui rejoint « La Blonde ».
Les titres et couvertures de magazines, les publicités, les articles de journaux, les commentaires politiques, jusqu’aux productions artistiques, tout les moyens sont utilisés pour valoriser le métissage. C’est devenu un argument commercial, reconnaît Vincent Cespedes lors d’une émission-débat « Demain tous métis ? » sur Arte. Même une candidate Miss France 2009 a cru voir là un argument de vente déclarant je cite « le métissage c’est la France nouvelle ».
Le métissage, forcément « moderne », face à la France trop blanche, forcément « moisie » d’Aurore Filipetti, serait le remède miracle à cette curieuse faculté des sociétés humaines à exclure (dans le meilleur des cas) pour mieux exister.

Si l’on y réfléchit un peu, cette promotion du métissage est un discours eugénique défendu par les mêmes qui tentent de faire de l’emploi du mot race un délit. Mais c’est pour la bonne cause, pour un « monde meilleur ».
Moi ça me met les neurones en émoi. Pas vous ?
Le sujet mériterait un essai complet et d’un meilleur serviteur. Je vais me contenter d’un modeste article en essayant de ne pas être trop réducteur et de rester pertinent.
Ce « buzz » sur le métissage va de paire avec les effets de la mondialisation, de notre déficit démographique suicidaire et des mouvements migratoires de masses qui s’y rattachent, je pense que cela est clair pour tout le monde.
Alors qu’au XXe siècle les nationalismes ont coupé court à la montée en puissance de l’internationalisme, cette fois-ci c’est promis on y arrivera. D’ailleurs Kapital et révolutionnaires rament dans le même sens, vers la mondialisation, c’est dire si l’on est confiant.
Pourtant nous sommes à un moment de l’histoire où des tensions apparaissent, où des tentations communautaristes surgissent, où des pouvoirs religieux montrent les dents. Certains ont osé évoquer des chocs de cultures, voire de civilisations. Rabats-joie. Stupide.
Alors les acteurs d’opinions sont appelés à trouver des voies et des voix qui nous permettrons d’échapper à la répétition d’une histoire violente pour «mieux vivre ensemble ».
Tout ça n’est pas nouveau. A chaque époque de « rencontres » il y a eu des réactions violentes et des recherches de moyens et discours plus ou moins contraignants pour maîtriser les tensions.

La république s’est construite sur ces contraintes.
Au début il y avait l’assimilation à l’intérieur et la mission à l’extérieur.
Décolonisation aidant la mission sera abandonnée et l’assimilation conservée.
Puis avec 68 et le relativisme nous sommes passés de l’assimilation, à l’intégration.
Puis avec l’anti-racisme on opta pour la diversité et le multiculturalisme.
Mais pour satisfaire notre éternelle quête d’universalisme et faire face au déclin de « l’occidentalité », alors que le discours sur la diversité n’a pas eu le temps de s’imposer, voilà l’ultime mise à jour, le Métissage… « Métissée» accolé à quelques mots, comme république, histoire, mémoire, culture, cuisine, musique, sans oublier France, « France métissée », ça peut même donner l’illusion d’un programme…marque déposée au PS et à gauche. Bon là au PS ils ont testé en interne la diversité, mais ils se sont aperçus qu’il pouvait y avoir des petites complications. Diversité, différences, divergences, oppositions, blocages, radicalisation, à hue et à dia ça tire. Maintenant ils vont métisser Hamon, Aubry et Royal…
Diantre que cela a été rapide ! Tellement rapide que les mêmes faiseurs d’opinions passent de l’un à l’autre (en chahutant parfois l’ordre chronologique ou en les mélangeant dans le même discours de célébration).
Diversité. Métissage. On pourrait penser à la technique du double effet. Un concept qui a fait ses preuves pour les rasoirs, les bonbons et tant d’autres produits.

Mais là, il y a un « bug ».
Le métissage, si les mots on un sens, c’est la fin de la diversité. C’est vive l’uniformisation ! Tous pareils, on ne se « foutra plus sur la gueule », croit pouvoir annoncer Pierre Perret dans sa chanson « Mélangez vous ». C’est vite pensé. Qu’est-ce que l’on peut dire comme âneries quand on est tenu de faire court et rapide. Comme Frédéric Taddeï, qui un soir s’enfonça face au même Pierre (décontenancé) en lui demandant pourquoi il n’avait pas été plus explicite dans son texte en appelant les femmes à ouvrir non seulement leurs bras aux étrangers mais aussi leurs cuisses… Taddéï insiste, le Pierre résiste en douceur, un peu gêné (faut le faire)… éclair dans l’œil de l’intellectuel-présentateur, la bouée elle est là ! « Vous ne pouvez pas sincèrement être pour le métissage et défendre la diversité culinaire… » (Je résume) et hop, on passe à autre chose.
Métissage. Diversité. Il y a un « bug » c’est sur. Comme une incompatibilité. Mais comme se sont les mêmes qui nous parlent (depuis 68), ils ne sont pas pressés de lever le doigt pour se signifier à eux-mêmes qu’il y a un problème et ainsi se décrédibiliser. (Ils ne le sont déjà plus vraiment, crédibles, ils le savent. Mais ne leur dites pas, ça les met de mauvaise humeur. Une humeur de Todd ou de Lévy mal interviewé.)

Je ne vous ferais pas ici le détail de mon cheminement, ni ne vous dirais pourquoi, mais moi j’ai choisi. Je prends la diversité. Elle est synonyme de liberté, si l’on y lie le respect. (Pas la crainte, mais le respect). Elle est la Civilisation même, comme le pense Lévi Strauss.
Le métissage, lui, ne vise rien d’autre que l’élimination définitive des races, pardon des phénotypes... Pas que des races, zut, des phénotypes d’ailleurs. La culture au sens le plus large est elle aussi appelée non seulement à « s’enrichir de l’autre » et plus si affinité… (Et même si pas affinité), pour s’effacer, muter sans résister dans le grand mélange mondialisé. Car là aussi d’un attachement trop fort à son identité, à sa culture, pourraient naître des tensions et des conflits.

Si l’on suit les « penseurs » du métissage, il faut enlever du dictionnaire, comme de la vue, les races (devenues phénotypes) pour éliminer les violences qu’elles engendrent. Le métissage serait La réponse. C’est rapide, comme un coït… (Coïterons nous encore dans quelques temps ?… on arrête pas le progrès). C’est vrai que ça évitera que d’autres veuillent les éliminer toutes sauf la leur, ou les asservir toutes… même la leur.
Mais si la justification de cet eugénisme est d’échapper à l’histoire violente, il va falloir aussi métisser les religions, les états nations, les systèmes politiques, pour devenir vraiment tous citoyens du monde, de Plougasnou à Simbawa, de Honningsvag à Puerto Toro … Sinon, nous aurons métissé partiellement, donc imparfaitement, laissant l’homme « nouveau » en butte à des sujets de « discordes » si pratiques pour les rassembler et pour mieux les faire s’affronter. Le laissant aussi bien démuni face à ceux qui n’auront pas suivi notre lumineuse évolution.
Plus ardu. Beaucoup plus ardu. Et long. Très long. En plus c’est sans garantie de résultat.

Donc il va falloir éliminer les différentes religions. Pour n’en garder qu’une seule ? Impossible. Je suggère donc d’opter pour l’interdiction… Traitement radical, sans rechute. Quoique.
Eliminer les frontières aussi. Les frontières sont sources de violences, mais ne se métissent pas.
Eliminer les différents systèmes politiques… un seul fera l’affaire. Sinon, conflit encore.
Il nous faut éliminer les solidarités autres que sociales (les seules qui vaillent en vue du plus parfait égalitarisme), isoler chaque plus petite entité, l’individu, tout en le rendant semblable de son voisin.

La porte ouverte à la dictature, à un totalitarisme mondialisé. Bien plus qu’une porte ouverte, sa justification. Pour un monde meilleur, Le Meilleur. Pouvoir, droit et légitimité mondialisés, unis pour 1000 ans…
Et puis oui tenez, si l’on élimine les races, les nations, les religions, parce qu’elles sont causes de violences, il faut éliminer toutes les causes de violences, la source même…. La première d’entre elle ? L’homme lui-même ? Pourquoi tant de haine ?
Dormez bien. Réfléchissez. Et comme dit André Bercoff « Réveillez-vous ».

Tribune libre publiée par Agoravox le 15/12/2008.

Tribune reprise sur
le site Cozop.com
le site Religion.123news.org
le site Wikio.fr
le site Collectif-passerelle
le site Dico du Net